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Thunderstruck Peu importe où vous vous trouvez dans Frontierland, le mugissement lointain de Big Thunder Mountain ne tarde jamais bien longtemps avant de se manifester. Ses aiguilles ocres, tout droit sorties des plus beaux panoramas des régions de l'Ouest américain, estompent les bribes de civilisation de Thunder Mesa et vous replongent en un tournemain dans un délicieux tableau sauvage, abrupte et hostile, sauce Disney. "For a few screams more"
Ceux qui s'attendent à trouver là une énième version du "train de la mine" (Disney ou non) trouveront surtout une belle idée reçue en bonne et due forme. Ce qui rend cette attraction si populaire, c'est peut-être les différents niveaux de lecture qu'elle offre au public. Bien sur, c'est avant tout une montagne russe familiale qui ravira encore et toujours les mineurs de 7 à 77 ans, mais pas seulement. Toute l'attraction est en effet truffée, de la file d'attente jusqu'à sa sortie, d'innombrables objets d'époque, débusqués dans des vides greniers ou rachetés à quelques propriétaires américains. Pat Burke, l'accessoiriste des quatre versions de l'attraction, raconte à ce propos : "J'ai grandi dans le désert du Mojave où se trouvaient toutes les mines désaffectées de la Ruée vers l'Or. J'avais toujours été passionné par ces objets et ces légendes. L'un de mes ancêtres avait travaillé en tant que cartographe au siècle dernier dans les territoires du sud-ouest des Etats-Unis et j'avais toujours rêvé de suivre sa trace. Pour Big Thunder Mountain je suis donc parti en chasse d'équipements miniers dans les lieux les plus insolites, au cœur de 16 états des Etats-Unis, afin de retrouver les accessoires d'époque qui nous permirent de donner vie à la mine".[1]
Cela va de la vieille
pelle usée et biscornue accrochée dans la salle d'embarquement jusqu'au vieux
tracteur à vapeur exposé en face de l'attraction. Afin de faire
Une anecdote mérite d'être citée à ce propos : pendant l'édification de l'attraction, les employés chargés de réparer et poser tout cet attirail d'époque constatèrent vite que leurs outils modernes n'étaient pas adéquates pour un tel travail. Ils finirent donc par utiliser les authentiques outils du 19° siècle, collectés par Disney pour être rajoutés au décor ![2] Sans aller jusqu'à qualifier Big Thunder Mountain de musée à ciel ouvert (bien que pour être franc, ce n'est pas l'envie qui me manque), le show procure bel et bien quelques coups d'œil authentiques sur une époque révolue.
'Cause I'm TNT, I'm
dynamite... L'aventure débute donc dans une vieille scierie, abandonnée dirait-on depuis des temps immémoriaux. Tout témoigne pourtant d'une activité jadis bouillonnante ; l'installation de levage, le compresseur, l'enclos des mules ainsi qu'un quai viennent parfaire le tableau. Plus loin les choses deviennent sérieuses, lorsque l'on arrive sur les quais d'embarquement de la Big Thunder Mining Company, et qu'il s'agit d'aller découvrir les richesses au cœur de la mine... Auparavant, les mineurs se faisaient une joie de dépecer la montagne de son précieux minerai, l'or, le véritable fil rouge (enfin, doré) de tout Thunder Mesa, l'or qui bâtit la ville et qui la conduisit à sa perte... Car les choses ont vite tourné au vinaigre lorsque le propriétaire de la mine, Henry Ravenswood (son imposant manoir trône toujours sur les hauteurs non loin de là), périt dans de mystérieuses circonstances.
A l'image de sa ville, Big Thunder Mountain réserve lui aussi une fin quelque peu incertaine, car après avoir gaiement zigzagué au milieu d'une tumultueuse géologie, après avoir croisé quelques ânes dubitatifs et des opossums sous acide, les choses se corsent lorsque les wagonnets se mettent dans l'idée de pénétrer dans une galerie farcie de dynamite. Un avertissement "NO SMOKING OR OPEN FLAME" finit d'ailleurs de sceller vos doutes. Je vous raconte la suite dès que je mets la main sur quelqu'un qui en est revenu indemne, promis. Alors, reviendrais-vous entier de cette excursion à bord d'un train qui a un peu perdu les pédales ? Rien n'est moins sur. On raconte que la montagne elle-même n'apprécie guère que l'on vienne spolier son or, et qu'il ne fait pas bon rester dans les parages lorsque le mythique Oiseau du Tonnerre s'est mis en tête de battre des ailes, signe de son désappointement extrême... alors méfiez-vous de ses pics escarpés et de ses descentes vertigineuses, ils pourraient bien accompagner votre dernier frisson. Rassurez-vous toutefois (ou pas), les trains eux, reviennent toujours en gare ! Alors, prêt pour une ultime ruée vers l'or ?
Pour une lecture approfondie sur le sujet, je ne peux que vous conseiller l'excellent site de Thunder Ride, entièrement consacré à Big Thunder Mountain : www.thunderide.com [1] LITTAYE (Alain), GHEZ (Didier) - Disneyland Paris, De L'esquisse à la Création (Nouveau Millénaire Edition, 2002), page 81. |
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